Révélation : Jouets de Noël « made in China »


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Image Ovni

Source : La Revue de Presse de Syti.net

Noël « made in China »

 mardi 6 décembre 2011

Aujourd’hui, c’est la St Nicolas, le jour de noël des pays anglo-saxons…
Vous aimez la période de Noël ?
Moi pas et depuis longtemps.

Ce qui m’étonne toujours, c’est que les personnes à qui je pose la question sont la plupart du temps d’accord avec moi, mais  » Bon, il y a les enfants, il faut bien fêter Noël et leur offrir des cadeaux ! »

Les cadeaux, parlons-en.

Non seulement la fable du père Noël, avec sa belle tenue rouge Coca-Cola, est un mensonge et une trahison pour les petits, mais d’où viennent les cadeaux bon marché (et moins bon marché) sur lesquels se ruent les gens pour faire plaisir à leurs enfants et engraisser les multinationales du jouet ?

Je ne résiste pas à ajouter ce qu’a dit Pierre Desproges :

« La naïveté grotesque des enfants fait peine à voir, surtout si l’on veut bien la comparer à la maturité sereine qui caractérise les adultes. Par exemple, l’enfant croit au Père Noël. L’adulte non. L’adulte ne croit pas au Père Noël. Il vote. »

Cet article de Gethin Chamberlain, traduit du Guardian va vous éclairer sur les conditions de travail et les salaires des esclaves chinois qui pour un bref instant de joie procuré par un cadeau qui sera vite remisé, triment souvent 7 jours sur 7 et 14 heures par jour pour un salaire de misère.

Alors, vous faites quoi à Noël ?

Révélation :

Le vrai coût des jouets de Noël

achetés aux usines chinoises

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Ouvriers à l’usine Hung Hing

Avec l’arrivée de Noël d’ici trois semaines, une investigation clandestine a révélé la sinistre réalité de la vie dans les usines de jouets chinoises générant un marché de 2,8 milliards de livres par an dans la seule Grande-Bretagne.

De grandes marques comme Disney, Lego et Marks & Spencer ne paient qu’une fraction du prix magasin des produits aux usines qui fabriquent leurs jouets. L’été dernier – les usines se préparant à faire face à la demande pour la période de Noël – des enquêteurs ont passé trois semaines dans les cités industrielles de Shenzhen et Dongguan. Dans plusieurs cas, ils ont trouvé que les employés :

¤ arrivaient à faire 140 heures d’heures supplémentaires par mois;
¤ étaient payés un mois en retard;
¤ prétendaient qu’on attendait d’eux un travail avec de dangereux appareils et machines sans entraînement ni sécurité;
¤ devaient travailler en silence et étaient condamnés à une amende de 5 livres s’ils allaient aux toilettes sans permission.

L’effet peut-être les plus insidieux des longues heures de travail pour un maigre salaire est la déchirure familiale, séparant en permanence les parents de leurs enfants sauf quelques jours par an. De nombreux ouvriers avaient trop peur de parler aux enquêteurs, mais deux femmes acceptèrent, à condition que leurs noms soient changés

Wang Fengping, 27 ans, a deux filles de 7 et 5 ans. Ils habitent à 10 heures de train de l’usine de jouets On Tai. Elle et son mari gagnent 200 livres par mois (un peu plus de 233 €) en faisant des jouets pour Disney et d’autres, mais ne peuvent se permettre de faire venir leurs enfants à la ville. Les fillettes sont donc gardés par leurs grand-parents. Wang les appelle deux ou trois fois par semaine. La plus jeune lui demande toujours quand elle revient à la maison.  »Bientôt », répond toujours Wang.

La réalité est qu’ils ne se rencontrent qu’une seule fois par an, au nouvel an chinois. Elle garde le moral en racontant à ses collègues ce que font ses filles à l’école. Elle leur chante parfois des chansons que les filles ont appris à l’école et qu’elles lui ont chanté par téléphone.  »Notre famille ne mourra pas de faim, mais ne peut se nourrir avec ce salaire », a-t-elle dit.

Ma Hui, 25 ans, travaille pour le groupe Hung Hing Printing, qui fabrique des articles pour M&S, Lego et Disney. Elle a une fille de 2 ans, qu’elle a dû abandonner quand l’enfant n’avait que 3 mois dans l’espoir qu’elle pourrait gagner assez pour un jour rentrer à la maison et mettre en place sa propre affaire et réunir la famille. Elle aussi ne voit son enfant qu’une fois par an et elle a accroché une photo de sa fille sur le mur du dortoir près de son lit.

L’association Sacom qui a mené cette enquête accuse les grandes marques mondiales de ne pas payer suffisamment les usines, avec des ouvriers qui en souffrent parce que les usines font des coupes à leur détriment pour tenter de sécuriser les contrats. Le rapport critique aussi le propre régulateur de l’industrie qui ne se soucie pas de réprimer les abus.

La porte-paroles Debby Chan Sze Wan disait : »Dans la période qui précède Noël, les jouets sont des cadeaux courants pour les enfants. Ils apportent probablement de la joie aux consommateurs et aux sociétés de jouets, mais les ouvriers n’ont pas les moyens d’acheter des livres ou des jouets à leurs enfants bien-aimés.

 »La détresse des ouvriers est due à l’exploitation des chaînes d’approvisionnement mondiales. Si les marques n’augmentent pas le prix unitaire ni ne change leurs pratiques d’achat, aucun changement structural dans les conditions de travail de l’industrie du jouet n’est faisable. »

Les enquêteurs ont ciblé trois usines, y compris la société On Tai Toys, qui fabrique pour Disney et un certain nombre d’autres marques internationales, et Hung Hing. Toutes les usines sont certifiées manufactures de jouet décentes par le Conseil International des Industries du Jouet, qui est supposé contrôler l’application des normes éthiques dans plus de 2400 usines qui emploient environ 1,7 millions de gens dans le monde.

Mais Sacom a accusé le Conseil d’autoriser  »des violations permanentes des droits du travail » dans des usines certifiées.

À l’usine Hung Hing un chercheur a trouvé que les 8000 ouvriers affichaient jusqu’à 100 heures supplémentaires par mois, dépassant de loin le maximum légal. Les ouvriers disent qu’ils ont signé un document consentant à un travail d’heures supplémentaires dépassant le maximum légal.

Le salaire de base était de 132 livres (154 €) par mois (jusqu’à 250 livres [292 €] en comptant le maximum d’heures supplémentaires) mais les salaires ont été payés avec 3 semaines de retard.

Les ouvriers se plaignaient de formation inadéquate pour les machines de l’usine et l’année dernière un ouvrier est mort en tombant dans une machine. Ils ont dit qu’il y avait souvent des blessures et des problèmes avec les produits chimiques utilisés. Ils se plaignaient aussi des normes des dortoirs, où l’eau pour la toilette et les chasse d’eau est coupée à 22h

À la société On Tai Toy un chercheur a trouvé que la plupart des 1500 ouvriers étaient âgés entre 30 et 50 ans, bien qu’on fasse venir environ 300 étudiants pour aider à s’en sortir avec les pics saisonniers

Un chercheur a passé trois semaines dans l’usine et a trouvé des ouvriers qui effectuaient 140 heures d’heures sup chaque mois, presque quatre fois la limite légale des 36 heures mensuelles.

Le salaire de base est de 110 livres (129 €) par mois, mais les salaires ont été payés un mois en retard, enfreignant les lois du travail. Pendant le pic saisonnier les ouvriers peuvent se faire 240 livres (280 €) par mois, y compris les heures supplémentaires, mais cela tombe à 140 livres (164 €) en basse saison.

Une journée typique de travail en pic saisonnier démarre à 8h et ne se termine pas avant 22h. Les ouvriers travaillent habituellement 6 jours par semaine, mais si l’usine est débordée il n’y a pas de jour de repos.

Les ouvriers se sont plaints qu’on les empêchait de se parler sur la chaîne de production et qu’ils avaient une amende de 5 livres (presque 6 €) s’ils allaient aux toilettes sans autorisation.

Ils rapportaient de fréquentes brûlures par des fers à souder et des décharges électriques par de vieux sèche-cheveux qui servent pour mettre de la colle, ainsi que des problèmes de santé à cause de produits chimiques sans étiquetage avec lesquels ils doivent travailler. La loi demande que les produits chimiques soient identifiés et que les ouvriers sachent quoi faire en cas d’accident.

Il y a plus de 10 ouvriers qui se partagent 20 m² de dortoir, aménagé avec des lits superposés. Ils sont douze à se partager une toilette et l’extérieur du bâtiment est envahi par les poubelles abritant un paradis pour les rats.

En réponse aux allégations des chercheurs de la Sacam, Disney a dit : »La société Walt Disney et ses affiliées prend très au sérieux les revendications d’un travail injuste, et enquête à fond sur toutes ces allégations. »

Lego a dit que l’enquête dans la pratique du travail à l’usine avait soulevé de très sérieux problèmes, qu’il les prenait très au sérieux et qu’il avait demandé à son partenaire de licence, Dorling Kindersley, de mener une enquête.

 »S’assurer que les droits des ouvriers sont respectés est très important pour le groupe Lego et tous nos partenaires sont d’accord pour adhérer à de strictes directives – notre code de conduite. Le groupe Lego demande à tous ses partenaires de licence de donner une assurance écrite que leurs vendeurs, également, se conforment au code de conduite du groupe Lego, et que leurs fournisseurs fassent un audit une fois par an. L’adhésion au code de conduite est une priorité dans l’engagement avec nos partenaires. Il semble que dans ce cas le code a pu être rompu et nous nous en occupons instamment. Une fois que nous aurons une vision totale des faits, nous prendrons une décision. »

Dorling Kindersley a déclaré qu’il était profondément concerné par les allégations et qu’il avait contacté Hung Hing pour qu’il exprime ses vues :  »Nous avons des normes éthiques strictes d’approvisionnement qui ont été recoupées par toutes les questions identifiées dans cette enquête. Les allégations, si elles sont exactes, démontreraient une infraction à ces normes ». Il disait que l’usine avait récemment passé un audit, mais que cela serait désormais revu, ajoutant :  »Nos termes en affaires sont absolument clairs, tout fournisseur en infraction à nos normes d’éthique est sollicité pour changer ses pratiques ou à envisager une rupture de contrat. »

Un porte-paroles de Marks & Spencer a dit :  »Nous sommes un tout petit client du groupe Hung Hing – moins de 0,5% de son chiffre. Nous tenons toute allégation qui suggère une infraction à nos strictes normes d’éthique très au sérieux et nous travaillons très étroitement avec nos fournisseurs, y compris cette usine, pour s’assurer qu’ils adhèrent à nos normes stricts. »

Hung Hing a fait répondre une lettre de quatre pages par son manager général Dennis Wong dans laquelle il a admis qu’on pouvait demander aux ouvriers de faire des heures supplémentaires jusqu’à 92 heures par mois en juillet et août. La lettre disait que le mois dernier les heures supplémentaires s’étalaient de 23 à 77 heures. La société a dit que les ouvriers qui refusaient de faire du supplément n’étaient pas pénalisés.

Il a attribué le retard de paiement des salaires à la complexité des calculs de salaires pour plus de 8000 ouvriers, et a argumenté que c’était une pratique industrielle normale. Il a insisté sur la formation de sécurité que recevraient les ouvriers, mais a averti que les managers seraient tenus responsables de futurs manquements et verraient une déduction sur leur salaire .

La société a dit que procurer de l’eau pour les toilettes après 22h était du gaspillage et que des barils d’eau étaient disponibles pour servir de chasse d’eau.

Traduit par Hélios

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Infographie (Source OWNI)
Clic ! sur l’image pour l’agrandir

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Meyrosa dit :

Malgré la dureté des articles de cette page, je veux souhaiter

JOYEUX NOËL

à TOUS les ENFANTS du MONDE

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